Ce que j'aime en photo

Publié le par Emilie Filrouge

Canon EOS 600D+EF 50mm f/1.8 II; f/3.2, 1/250, iso 100

Canon EOS 600D+EF 50mm f/1.8 II; f/3.2, 1/250, iso 100

Y'a des choses en photo...

...que je préfère à d'autres. Des sujets qui m'attireront moins que d'autres. Basiquement, par exemple, faire des photos de fleurs, ça m'amuse cinq minutes quand je n'ai rien de mieux à shooter, et en général, rares sont lesdites photos de fleurs à passer la sélection de ce que je vais post-traiter avant d'envoyer le tout sur la toile.

Et au contraire, il y a certains clichés après lesquels je cours.

Exemple, ci-dessus.

Vous me demanderez donc:

Qu'est-ce qu'elle a de si fantasmagorique, cette photo de jardin public?

Eh bien, y'a des gens dessus.

En l'occurrence il y a une personne, plus une au loin mais elle ne compte pas vraiment parce que, ben... Elle est loin.

Photographier des gens

Comme je le disais dans la petite présentation que j'ai faite, j'ai un esprit assez contemplatif. Comprenez par là, j'adore observer ce qui m'entoure, et en particulier, je vous le donne en mille, les gens. Je ne peux pas vous dire pourquoi, c'est un fait.

Avant même de les photographier, j'observais déjà mes semblables. Que ce soit à travers la vitre du bus, tranquillement assise à une terrasse de café ou même simplement en me baladant dans la rue... Vous savez, ces moments où l'esprit vagabonde un peu.

Moi j'aime bien regarder les gens, et leur inventer une histoire ou tout du moins, essayer de l'imaginer... Décrypter leur attitude, leur façon de s'habiller, de marcher... Se demander d'où ils viennent et où ils vont. Ce qu'ils se disent.

Certains trouveront que c'est un peu du voyeurisme, de la curiosité mal placée... Moi, je trouve simplement que c'est une sorte d'humanisme. C'est juste s'intéresser à autrui.

Du coup, j'aime photographier les gens, et c'est les photos que je préfère ramener, mais c'est aussi ce que je trouve le plus difficile à faire. Il faut trouver l'occasion, il faut ne pas trop se faire remarquer sous peine que les gens se barrent du cadre en pensant vous gêner dans votre entreprise de photographier le magnifique bâtiment sans intérêt qui est juste derrière eux, ou encore qu'ils vous houspillent, ou je ne sais quoi d'autre.

Ajoutons à cela que je suis d'une timidité maladive, ça rend l'exercice plus difficile. Avoir un reflex qui fait de gros CLIC CLAC ça n'arrange pas trop le coup non plus. Alors divers blogs de photographes conseillent telle ou telle méthode, on se débrouille comme on peut, on attend un peu le coup de chance aussi.... De toute façon, c'est ce qui fait pour moi la magie de la photographie: être au bon endroit, au bon moment, parfois sans l'avoir prévu une minute avant.

L'autre difficulté, c'est de réussir à prendre en photo des gens, OK, mais des gens qui font des choses intéressantes, essayer de saisir un instant de leur existence (je suis obligée de formuler ça comme ça, mais sachez que je hais de tout cœur ce poncif nauséabond "être photographe, c'est figer l'instant, c'est capturer l'incapturable, et gnagnagna...." les gars, quitte à faire de l'intellectualisation à deux francs six sous, inventez au moins vos propres formules. Évidemment, il y a de ça dans la photographie, sinon je me serais abstenue d'utiliser l'expression. Mais tout ne se résume pas à ça. Et c'est bien de redescendre de son piédestal d'artiste juché parmi les nuées de temps en temps, et de se voir tel qu'on est, c'est-à-dire une personne lambda qui fait clic avec sa boîte à images.)...

Capturer quelque chose d'intéressant avec les gens, je n'ai pas encore trop réussi à faire.

La photo de rue, c'est vraiment difficile. (comme tous les aspects de la photo, d'ailleurs; en photo tout est "faussement facile") Pour le moment, je n'ai encore réussi à rien de bien transcendant, mais cette quête de la photo de rue "avec des gens dessus", un peu humaniste, elle me hante quasiment chaque jour.

Je ne vais pas m'étendre plus que de raison car cela pourrait tout aussi bien prendre douze pages, mais vous avez compris le principe.

La photo

On a quand même une photo, ce serait dommage de ne pas en dire deux mots.

Elle fait partie d'une des premières (si ce n'est la première) virées de test après l'acquisition de cette merveille qu'est le 50mm f/1.8.

Dès les premiers déclenchements à pleine ouverture, d'ailleurs (mon chat fut l'heureux contributeur de ces essais préalables), ce fut un bonheur.

Revenons-en à la photo, cela se passe donc au Jardin Botanique de Metz, et, par un concours de circonstances fâcheux impliquant un parcmètre récalcitrant, j'ai à peine une demi-heure pour déclencher tout mon soûl avant de repartir. Autant dire, un délai serré.

Je me balade donc, et, en me dirigeant vers la sortie, que l'on voit au fond, je remarque cette dame qui marche devant moi d'un pas décidé, et paf, je shoote. La dame bien trop pressée pour se douter de quoi que ce soit. C'est un cliché parmi d'autres et rien n'aurait pu indiquer que celui-ci trouverait grâce à mes yeux tellement il a été pris à l'arrache.

Mais bon, sans trop savoir pourquoi, ça fonctionne. La faible profondeur de champ (j'ai quand même eu le goût de quitter un peu la pleine ouverture) fait se détacher le sujet en marche, le chemin guide le regard vers la seconde silhouette, en retrait, qui fait écho; et puis vers la verdure, enfin, on se comprend... Vers les arbres en nuances de gris. Enfin je ne sais pas, mais il y a un "truc" qui fonctionne, cette personne dont on ne voit pas le visage qui avance, imperturbable, on a l'impression de la suivre...

Bon, et puis comme c'est -encore- du noir et blanc, on va faire l'obligatoire justification du "pourquoi en noir et blanc"... Eh bien parce que je trouvais que ça donnait mieux ainsi. Et aussi que le ciel complètement cramé est moins choquant comme ça, oui.

Enfin voilà.

Publié dans noir & blanc, photo de rue

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cours photo reflex 10/03/2014 09:50

J'adore ta photo d'illustration. Je préfère les photos en noir et blanc (enfin ça dépend du sujet et de la scène). Mais en général, je trouve ça plus "pittoresque".

I.